Me voici de retour pour une 2ème édition de mon journal d’atelier, dédié au mois de février. Attention à partir de 2 fois j’appelle ça une tradition 😀

Ce que j’ai aimé

Autant janvier m’a paru interminable et lent, autant février est passé en un battement de cil.

Il a été essentiellement consacré aux préparatifs de mes ateliers du 25 et du 26 février, pour le filage au fuseau et le tissage circulaire : commande des fournitures (fibres, fuseaux, métiers circulaires), sélection et teinture des fils pour le tissage, mais aussi sélection des citations et des contes puisque je souhaitais faire le lien entre mots et fils.

Je me suis régalée à reprendre des années de notes, de marque-pages, de ressources soigneusement mises de côté et j’ai souvent remercié mon moi du passé et mon côté bibliothécaire !

Je crois que ce format à la journée, sur un temps plus long, avec des pauses lecture a beaucoup plu aux participant.e.s.

Quelques photos de Julie Debatisse, l’une des libraires (et photographe !) :

Je suis toujours émerveillée de voir le style de chacun.e, les tissages si différents qui se révèlent…

et le cocon de la librairie, avec son poêle ronronnant était parfait.

4 fibres différentes à essayer, fuseau, tutoriel, poêle en route… tout est prêt !

Côté fil, j’ai terminé le filage et le retors d’un fil commencé il y a bien longtemps.. j’avais la grande ambition de filer ces 200gr de fibres d’Uschitita au fuseau, ahem, comment dire…

Il était plus réaliste de passer au rouet et je ne le regrette pas, j’avais vraiment envie d’avancer et de vider des bobines ! Me voici avec 2 beaux écheveaux de 150m (fuseau) et 495m (rouet) ^_^ en retors 2 brins.

Ce qui a moins marché

Autant j’ai adoré la préparation de ces ateliers, autant je dois admettre que toute la partie communication me pèse toujours beaucoup, en particulier sur les réseaux sociaux.

Bien sûr j’ai envie de faire connaître mon travail, de communiquer avec les personnes qui l’apprécient ou le découvrent, bien sûr j’ai envie (et besoin !) de remplir mes ateliers pour pouvoir espérer vivre de mon activité.

Mais la contrepartie de devoir poster du contenu qui durera à peine 24h, qui sera montré à un si faible pourcentage des personnes qui me « suivent » (quel drôle de mot !), d’être tentée de retourner voir régulièrement le nombre de « j’aime », les messages et commentaires éventuels… je me demande toujours si le jeu en vaut la chandelle et si je vais continuer Instagram et Facebook.

A partir de quel moment est-ce que je parle trop des évènements à venir ? J’essaye de doser avec d’autres publications, comme la chronique lecture de Rousse ; comment savoir si les personnes potentiellement intéressées ont eu l’information, ou si d’autres l’ont déjà vue passer 3 fois et en ont marre ? Impossible…

J’apprécie d’écrire ici et pour ma newsletter, j’ai la chance d’avoir un réseau très actif ici dans le Finistère, alors ma présence sur les réseaux sociaux est-elle toujours nécessaire ? J’observe et je réfléchis.

Ce qui se prépare

Je suis allée voir en famille “Les chants des forêts” de Vincent Munier. C’est si beau, j’aurais pu rester encore 1h30 à m’immerger dans ces belles images et ces propos.

Bien sûr les images d’animaux, de forêt, d’arbres anciens, de montagnes et de brumes sont sublimes et si fortes (suis-je la seule à avoir eu l’impression de plonger dans les yeux du lynx ?), mais la discussion entre les 3 générations m’a beaucoup touchée aussi, comment Vincent Munier a appris l’affût auprès de son père, et comment leur fils et petit-fils découvre la forêt à son tour à leurs côtés.

Forcément j’y ai vu beaucoup de mon Forez natal, les forêts anciennes, les reliefs, la brume, … 

Ce film et ses images continuent de flotter derrière mes paupières et m’inspirent pour ma prochaine collection : elle tournera autour de l’appel de la forêt.

Photo Vincent Munier, pour son film « Le chant des forêts »

J’ai aussi vu le film Hamnet que j’ai A-DO-RE (tout, mais alors tout : l’histoire respectueuse du roman, les acteurs, la musique, les costumes, les décors,…). La forêt y est également très présente…

Cela resterait dans le thème avec le filage dédié à Rousse, et me permettrait de reprendre la collection Baba Yaga que j’avais commencée… 

Dans la forêt de Baba Yaga, tissage

La lecture n’étant jamais loin, j’ai poursuivi sur ma lancée avec “Les grands cerfs” de Claudie Hunzinger (en adaptation BD d’abord, puis avec le roman qui l’a inspirée) : c’est très beau et très bien écrit, mais c’est fou comme la BD et le livre sont différents.

La 1ère met vraiment l’accent sur l’affût des cerfs, leur disparition, les enjeux et les luttes d’influences entre chasseurs et ONF, le braconnage, la commercialisation de la viande et des trophées… comme un polar, tandis que le roman est beaucoup plus contemplatif et plein de réflexions sur l’observation, les changements rapides des extinctions et de la dégradation des milieux naturels, la vieillesse et le choix de vie de la narratrice et de son compagnon de vivre en marge de ce monde là.

Ce qui m’a marquée aussi, c’est à quel point Claudie Hunzinger (comme Marie-Hélène Lafon, l’une de mes autrices favorites), s’autorisent à revenir à un thème et à un lieu central dans leurs écrits, qu’elles revisitent, réécrivent : un “archétype de maison remonté de l’inconscient”, “une chimère” dit Claudie Hunzinger.

J’ai aussi été inspirée par sa façon de vouloir cartographier différemment un territoire, un lieu : une carte du vivant, des animaux, différente de la nôtre. Cela m’inspire, bien modestement, pour mes propres écrits.

Ce que j’ai écouté

Une excellente série, je crois qu’il va me falloir une seconde écoute pour en saisir toute la profondeur.

L’écologie pâtit trop souvent d’une image rebarbative, négative, bourgeoise voire déconnectée du réel.

Pauline Maucort interroge donc en 4 épisodes les conditions nécessaires pour faire de l’écologie une cause populaire, citoyenne et partagée, alors que l’impact du réchauffement climatique, les problèmes de santé et de pollution, la transition entre autres pèsent plus lourd sur le quotidien des plus pauvres. 

Une écoute indispensable, des voix qu’on n’entend jamais, dans une série qui m’a fait faire de belles prises de conscience.

Cette série de 6 épisodes est proposée par Julie Gavras : « Dans cette série, elle explore pourquoi c’est si dur d’envisager la violence de ses propres enfants, ce que ça implique dans la manière dont on les élève, et comment désamorcer les injonctions patriarcales qui se transmettent de mère en fils. »

J’élève 2 filles et non des garçons, mais cela ne m’empêche pas de me questionner sur le sujet bien sûr !

Je dois même à mes filles mon réveil féministe je pense : j’avais grandi dans une famille ouverte d’esprit, et j’avais intégré l’idée que tout allait plutôt bien pour les femmes, après avoir gagné le droit de vote, le droit à la contraception et à l’avortement, celui d’avoir un compte en banque et de travailler…

Mais ça, c’était avant d’avoir des filles, et de me questionner sur le monde dans lequel elles allaient évoluer, ce qu’elles allaient avoir à affronter.

Et j’ai beau faire de mon mieux pour élever mes filles à l’abri des clichés sexistes et des limites qu’on voudrait leur imposer du fait de leur genre, nous ne sommes bien sûr pas imperméables au monde qui nous entoure, d’où ce besoin de réflexion sur l’éducation des garçons (et cette conviction, toujours plus profonde, que tout est relié, que l’on parle d’éducation, d’environnement, de justice, de féminisme, de racisme…).

Ce podcast soulève des questions vraiment intéressantes, si vous l’écoutez je serais ravie d’en discuter !

Et pour finir avec les podcasts, je continue de rattraper mon retard de Soyons heureux avant la fin du monde, et j’ai découvert le nouveau podcast de Rokhaya Diallo : « En bonne voix ».

A bientôt pour de nouvelles chroniques et le programme de mars ! Le plus sûr si vous ne voulez pas manquer les actualités et mes coups de coeur est de vous inscrire à ma newsletter, c’est le format que je privilégie avec ce site.

Merci de m’avoir lue, et n’hésitez pas à partager en commentaires vos avis et recommandations vous aussi !