Me voici de retour avec une nouvelle édition de mon journal d’atelier. J’espérais le publier plus tôt, mais des soucis techniques m’ont empêchée d’utiliser mon site pendant plusieurs semaines : j’espère que tout est réglé et que je vais pouvoir reprendre les publications prévues !
Mon dernier journal d’atelier remonte à début juin : je vous avais laissés avec un jardin plein de pousses, de semis et de fleurs, les mains dans le tri de la récolte de laine, et de nouveaux métiers à tisser circulaires et Inis, entre autres 🙂
Le mois de juin est passé très vite, avec notamment une balade à Tréguier, à la recherche d’un lieu de stage pour India Flint : le lieu où nous organisions nos retraites a été vendu, et je recherche activement un nouvel endroit qui pourrait nous accueillir en 2027.
Le manoir que j’ai visité ne pouvait malheureusement pas convenir, mais ça a été l’occasion d’un coup de coeur pour Tréguier et ses alentours. J’ai passé une merveilleuse journée : j’ai rencontré Coralie alias Captain Marty, dont j’apprécie depuis longtemps le travail, dans sa galerie « La Selkie », puis j’ai mangé une bonne crêpe en solo (j’adore me faire un petit resto tranquille avec mon bouquin j’avoue).





La boutique studio Alexandrie, dédiée à la teinture végétale, était malheureusement fermée, mais je reviendrai ! J’ai ensuite fini l’après-midi en compagnie de mon amie Nolwenn, la talentueuse tatoueuse et artiste plus connue sous le nom de Kumkhat à la librairie Le Bel Aujourd’hui.
J’ai aussi été invitée par un centre de loisir à venir animer une demie journée autour de la transformation de la laine locale, ici à Brest : j’ai vraiment passé un bon moment, avec des enfants curieux et attachants, malgré les 40°C à l’ombre (oui oui, même à Brest) qui nous ont littéralement écrasés ce jour-là.

Je suis ensuite partie début juillet pour passer presqu’un mois en Lozère, dans notre maison de famille. J’attendais ce moment avec beaucoup d’impatience, ressentant vraiment le besoin de changer d’air et de lieu, après les canicules de mai et de juin, mais ces quelques semaines ont été plus difficiles à vivre que prévu : la sécheresse et la chaleur accentuaient le risque d’incendie, et ce à raison puisqu’il y a eu 3 incendies proches en moins de 4 semaines.
Le 1er surtout n’était vraiment pas loin, à peine quelques kilomètres. Nous avions tous conscience que si le vent tournait, le feu viendrait vers nous. Il a heureusement été maîtrisé rapidement, après avoir dévoré 200 hectares en quelques heures à peine.
Notre maison se trouve sur le causse Méjean, qui comme beaucoup d’endroits n’est plus assez pâturé : il y a moins de troupeaux de brebis, et plus de transhumance depuis longtemps. Des zones immenses s’enfrichent et se referment au fil des années, laissant place à des buis, des genévriers, des plantations de résineux plantées très serrées et non entretenues. Tout le monde a conscience que le risque de feu est extrême et que toute cette végétation sèche, couplée à un manque d’eau chronique, est une véritable bombe à retardement.
Autant vous dire que j’ai passé ces quelques semaines en hypervigilance… et entourée de livres et de tricot aux heures les plus chaudes de la journée.
J’ai terminé mon débardeur Joni début juillet, et j’ai donc pu beaucoup le porter cet été :

J’ai aussi commencé un nouveau Fantastitch (c’est mon 2ème, que voulez-vous, j’aime tellement construire des palettes de fils !) :

Heureusement, les baignades dans le Tarn étaient là pour nous régénérer, et les grottes comme Dargilan restent toujours fraîches.
Nous avons également rendu visite à l’une de mes céramistes préférées, Keeha, dont je commence à avoir une belle collection d’objets du quotidien.


Nous avons ensuite pris la route en direction de la République Tchèque et de la Pologne, mais ces étapes-là méritent à coup sûr des articles dédiés !
A notre retour fin août, le jardin avait bien souffert : beaucoup de mes plantes n’ont pas résisté, notamment celles en pot.
Thé d’Aubrac, camomille, prêle, calendulas, cataire citronnée, et même mon origan n’ont pas résisté côté aromatiques et médicinales. Quant aux fleurs, muflier, oeillets, chrysanthèmes, scabieuses, immortelles, rudbeckias ont eux aussi littéralement brûlé sur place. Si je n’avais pas noté et mémorisé ce qu’il y avait à certains endroits, je n’aurais rien pu reconnaitre de ces tiges grises et desséchées.
Sur une note plus positive, les tournesols ont prospéré pour atteindre plus de 2 mètres de haut ! J’adore voir les acrobaties des mésanges et des chardonnerets qui les picorent dès la fin de l’été. Les cosmos m’ont eux aussi enchantée jusqu’à très tard dans la saison, tout comme les agastaches, et les dahlias.

À part le fait d’être en pot ou en pleine terre, un autre élément a fait une différence significative : le fait de pailler, ou non, le sol avec de la laine ! Il est évident que tous les endroits que j’avais paillés avec les débris de tonte et de tri ont très bien résisté à la chaleur et à la sécheresse, la terre restant fraîche et beaucoup plus humide en dessous. Conclusion pour l’année prochaine : moins de pots, et plus de laine partout 🙂
Côté atelier, le tri de la laine se poursuit, ainsi que les préparatifs de la fin d’année. Je suis aussi en discussion avec un collège proche de Brest pour créer un projet autour de la laine locale, avec les élèves et leurs enseignants.
Je suis aussi en train de me former en teinture végétale : cela pourra en étonner certain.es, car j’ai déjà pas mal pratiqué ces techniques, mais j’ai ressenti le besoin de remettre mes connaissances à plat et de suivre un cursus plus complet. Je suis les cours en ligne de la « School of Textiles » de Maiwa, basée à Vancouver au Canada, que j’apprécie beaucoup et que je trouve très complets, tant côté théorique que pratique.
J’ai aussi commencé à la rentrée des cours de céramique ! Je n’ai encore rien de fini à vous montrer car mes premières créations étaient encore dans le four mardi dernier, après la cuisson des vacances ^_^ Mais je me régale à chaque cours : c’est très étrange pour moi d’expérimenter une nouvelle matière, froide et humide, si différente de la laine, chaude et légère. J’ai beaucoup d’idées et me consacre pour le moment au modelage, mais j’espère bientôt expérimenter le tournage bien sûr.

Côté réseaux sociaux et site Internet…
J’ai appris début septembre que mes comptes Instagram et Facebook étaient définitivement supprimés, comme prévu au bout des 6 mois de suspension, sans que Méta ait jamais examiné ma demande. J’en ai bien sûr été très déçue, même si je m’y attendais. C’est vraiment le sentiment d’injustice qui persiste, avec cette suspension incompréhensible, jamais justifiée ni rééxaminée, qui m’a fait perdre des milliers de contacts en 10 minutes sans pouvoir les prévenir.
Il me reste heureusement ma newsletter, qui fonctionne très bien pour les inscriptions aux stages notamment. On verra s’il en est de même pour les mises à jour de ma boutique en ligne : il faut que je trouve d’autres façons de communiquer, notamment le réel et le local.
Comme je vous le disais en début d’article, j’ai eu aussi pas mal de soucis techniques avec mon site : je me suis aperçue en juin que mon site était en panne à plusieurs reprises, sans que je comprenne pourquoi ni ne réussisse à le remettre en ligne par moi-même. Grâce à l’aide de mon hébergeur (O2Switch, cœur sur vous pour toujours !) mon site a été réparé, mais j’ai du remettre les mains dans le cambouis et la tête dans ma formation WordPress pour tout vérifier et re-re-re sécuriser.
Autant vous dire que ce n’est vraiment pas ce que je préfère, moi qui voulais plutôt juste écrire et tisser à la base 🙂 Tout cela me fait me poser beaucoup de questions sur l’avenir de ce site et d’Internet en général : je regrette le temps où il était simple de publier ses articles, où ils étaient lus et commentés, partagés, où les moteurs de recherche montraient des résultats pertinents, où l’on pouvait écrire sans se dire qu’une IA allait aspirer votre site pour régurgiter vos heures de recherche et de rédaction sans que vous bénéficiiez de la moindre visite ou du moindre retour.
Pour finir cette longue missive, voici ma désormais traditionnelle petite sélection de podcasts, ceux qui m’ont le plus marquée sur des heures et des heures d’écoute :
- La série « Aliénor d’Aquitaine, la reine aux deux couronnes » sur France Culture : l’équivalent radiophonique du page turner ! J’ai écouté chaque épisode et enchaîné dès que possible avec le suivant tant le sujet m’a intéressée. Petit bémol sur les intermèdes musicaux (avec parfois une sorte de reprise de Britney Spears, euh comment dire ?… qui m’a laissée perplexe, voilà), mais vraiment les 4 épisodes sont passionnants.
- Marie Foyer dans le podcast ArtEcoVert sur la soie : amies du textile et des fils, vous ne verrez pas passer ces 2 heures, je vous le promets ! Il s’agit de l’épisode 160, « La soie artisanale : histoire, techniques, transmission et couleur végétale ».
- J’ai découvert 2 nouveaux podcasts dédiés aux contes, que je trouve très inspirants et agréables à écouter tranquillement à l’atelier : Story Apothecary, de Nina Tomova, conteuse Bulgare qui vit aujourd’hui dans les Highlands, et Scottish Folk par Eileen Budd (je ne trouve malheureusement pas de site dédié pour celui d’Eileen Budd et je n’ai pas envie de mettre un lien vers Instagram, je vous laisse donc le chercher sur votre plateforme de podcasts préférée).
C’est tout pour aujourd’hui, voilà qui me permet de reprendre le fil de mes articles ici, alors que nous venons de passer les portes de la saison sombre : je vous retrouve bientôt avec une grande annonce sur mon projet de valorisation des laines des écopaturages de Brest, mes récits de voyage de cet été, et mon compte-rendu des journées de la laine à Felletin.

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