J’ai un peu tardé à poster cette chronique pour différentes raisons : tout d’abord par manque de temps, mais surtout parce que je ne voulais pas écrire uniquement sur mes premières impressions, qui étaient très partagées. J’ai préféré prendre le temps de chercher vraiment ce que je pensais de ce nouvel album, et ça n’a pas été simple…

Je suis « fan » de très peu de groupes, c’est à dire que je n’ai jamais été du genre à courir à tous les concerts d’un groupe, afficher des posters, porter un T-Shirt, lire toutes les paroles d’un CD… jusqu’à ce que je découvre Omnia il y a maintenant quelques années, lors d’un voyage en Hollande pour la Pagan Federation. J’ai immédiatement été accrochée par le look des pochettes de CD, le mot « pagan folk » et j’ai acheté « Pagan Folk » et « Crone of War » sans même les écouter avant…

Plus qu’un coup de foudre musical, ça a été une vraie révélation : les thèmes des chansons et l’inspiration des musiciens, la musique en elle-même, tour à tour sauvage, plus drôle ou douce… J’ai pleuré, chanté, hurlé, dansé sur leurs chansons, vous ne pouvez pas savoir ! Il faut absolument les voir en concert, ce que j’ai eu la chance de faire à plusieurs reprises lors des festivals Trolls et Légendes et des Anthinoises, c’est une expérience unique à vivre… Bref, vous l’avez compris, j’aime Omnia et à part pour eux et Faun, je ne suis jamais autant rentrée dans l’univers musical d’un groupe et de ses membres.

J’attendais donc le tournant annoncé de « Wolf Love » avec une impatience mêlée de doutes… Première écoute, première surprise : forte présente du piano pour Jenny (snif, et la harpe !), beaucoup moins de morceaux entraînants et une atmosphère complètement différente, beaucoup plus sombre et éclectique dans le style des morceaux… J’avais le sentiment d’avoir un peu perdu mes repères, et j’ai vraiment eu besoin d’approfondir et de dépasser cette impression par de multiples écoutes.

Vient le premier coup de coeur pour « Dance until we die », déjà entendue en concert pour un rap jubilatoire et dont les paroles sonnent tellement juste ! Puis pour « Moon », jouée au dulcimer, et « Sing for Love », qui m’ont emmenée bien loin et qui sont vraiment mes préférées sur cet album. « Sister Sunshine » la bien nommée, « Love in the forest », ode à l’amour dans la nature qui donne envie que les beaux jours reviennent, « Saltatio Vita » et « Shamaniac »… enfin je les retrouve ! Dans un style plus mélancolique et calme,« Toys in the attic », « Jabberwocky » ou encore « Teachers » me semblent approfondir le style de « The Raven » et « Old man tree ». J’aime aussi entendre davantage la voix de Jenny, certes pas toujours parfaite, mais tellement vraie qu’elle me prend au ventre à chaque fois, comme lorsqu’elle entonne « Dulaman » en concert. On sent aussi l’osmose du couple de Steve et Jenny, auteurs et compositeurs de la plupart des chansons et âme du groupe avec Luka.

Alors oui cet album est différent des autres, mais je l’aime quand même et je l’écoute beaucoup ces temps-ci : de la même manière que les précédents ont nourri des moments festifs et gais, celui-ci accompagne des moments d’introspection, de pause, de voyage ou d’écriture, d’autres phases de la vie. A la réflexion je trouve très courageux de la part d’un groupe de savoir se remettre en question comme ça, et d’oser coller au plus près de ce qui leur ressemble et de ce qu’ils ont envie d’exprimer, quitte à bousculer les idées et les étiquettes. J’ai hâte de les revoir en concert avec ces nouvelles chansons et continuerai de suivre l’évolution et les différentes phases d’Omnia qui reste à mes yeux l’un des groupes les plus inspirant et vivant du paysage musical actuel.

PS : peu après avoir écrit ces lignes, j’apprends que Luka quitte le groupe… Quel vide il va laisser ! Le son et le style Omnia lui doivent tellement… Plus qu’une évolution, il semble qu’Omnia traverse une vraie transformation.

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