On dirait que les éditions De Borée ont commencé une collection des contes et légendes régionaux fort alléchante ! Je suis tombée cet été sur le recueil « Contes et légendes du Finistère », de Loïg Pujol, paru en 2008.

« Le Finistère…
Que serait-il sans l’eau, l’arbre et la pierre ? Ces trois éléments forment la trame de cet ouvrage, un outil précieux qui pénètre la sagesse des anciens et invite à cheminer sur le sentier d’un Finistère méconnu. Un livre en forme d’itinéraire légendaire, empreint de philosophie, de poésie et de sincérité, qui donne envie de se poser sur la lande, face à la mer, et de lire jusqu’à ce que le paysage s’éclaire à la lumière du récit.
Véritable « don de clés », il vous entraînera dans une belle cavalcade auprès des Morgans et des korrigans, il vous présentera les vieux petits saints de bois et certains rochers qui, gare ! ont tendance à changer de place. Les goémoniers le savent bien, tout comme les pilleurs d’épaves, qui de la mer attendaient les moissons.
Quand un phare s’élève d’un chaos de pierre, le merveilleux n’est jamais très loin. Et quand la mer s’agite, le souvenir d’Is flotte à la surface. Ne dit-on pas que cette ville engloutie resurgira un jour des flots pour revenir dans notre monde, plus belle et plus radieuse que jamais ?

Après avoir mis en scène des contes et des légendes dans leur décor naturel, Loïg Pujol rencontre vraiment le conte en 1996, à travers un travail sur l’interprétation des rêves. Il le saisit comme une parole qui « enchante » et invite au chemin. Troubadour des temps modernes, un peu rêveur, un peu ailleurs, mais tellement passionné, il semble tout droit sorti d’une épopée arthurienne. En guise d’épée, une parole poétique et profonde. Sur son blason, trois vertus sont entrelacées : humilité, sincérité et courtoisie. Heureux sont ceux qui ont la chance de l’écouter ! »

Contes et légendes du Finistère Loig Pujol

Ca fait envie non ? Le sommaire est à la hauteur, j’ai hâte de le lire !

« PETITE REFLEXION A MEDITER :

L’art de tendre l’oreille ou l’art du conteur…

On dit de l’art du conteur qu’il est un art nouveau ou naissant puisque les conteurs d’aujourd’hui ne sont plus les conteurs d’hier ; mais pourtant c’est l’art le plus ancien de tous. Il est apparu comme une flamme dans la préhistoire. Il est né d’une pulsion vitale qui tenaille l’homme depuis toujours : raconter. Sa naissance est indubitablement liée à la maîtrise du feu par l’homme.

On le dit encore art mineur, petit, primitif, brut et rudimentaire car il ne fait appel à aucun feu d’artifice, aucun faste, aucune illusion propre au spectacle. Pourtant, il est le véritable art de la démesure, l’art de tous les excès, de tous les possibles. A voix nue, cet art est capable de muer les auditeurs en princesse et en sultan, en fée et en paysan ou encore en monstre effrayant. Il est capable de conduire dans l’infini du désert et de la mer, de renverser le ciel et la terre, de matérialiser l’invisible, d’ordonner le Chaos ! Ce petit art a l’étrange pouvoir de révéler le sens de l’existence, de bouleverser définitivement des vies humaines.

Il s’agit d’un art des paradoxes. Les conteurs le disent bien : « Plus je vous dirai, plus je vous mentirai. Plus je vous mentirai, plus je vous dirai la vérité » .

L’art de tendre l’oreille demande à aiguiser son oreille comme une lame. Une oreille bien affûtée fait preuve de discernement. Elle est capable de trancher des flots de palabres et de les pénétrer en profondeur. On ne peut trouver la vérité que dans les brumes du mensonge. Restez vigilant cependant, car ce genre d’instrument est à double tranchant. Vous faites une mauvaise entaille et la coupure peut faire très mal. Une oreille trop tendre est bien vulnérable et une oreille trop dure n’entend plus rien à la beauté véritable. Dans l’art de tendre l’oreille, il faut rester à l’affût et tendre, cesser d’écouter et chercher à entendre.

Loïg PUJOL »

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