Ou plutôt les Cailleach devrais-je dire, tant ce nom est répandu en Irlande et en Ecosse. Cailleach Bheur, Cailleach Bheara, Cailleach Buillia, Caillagh ny Gueshag sur l’île de Man…

Cailleach a pour utilisation courante le sens de « vieille femme » ou sorcière en gaélique, le plus souvent avec une connotation péjorative, mais signifie littéralement « la voilée ».
C’est une personnification de l’hiver, fille à la peau bleue du pâle soleil qui nous éclaire de Samhain à Beltaine. Elle vient avec le temps de Samhain, vieille et laide, édentée, courbée sur son bâton, mais rajeunit au fil du temps pour laisser dès Imbolc la place à Brigit et à son jeune fils Soleil.

Son nom est aussi associé à de nombreuses légendes, expliquant la présence ou la forme de tel rocher ou colline. Ainsi en est il de la péninsule de Beire, en Irlande, étymologiquement directement liée à son nom, car elle est aussi vieille que les pierres, aussi vieille que les montagnes et les hivers…

Comme souvent parmi les divinités Celtes, son aspect est ambivalent, et elle peut aussi bien être perçue comme une Déesse Mère primordiale qui a protégé les premières tribus d’Ecosse dans son grand manteau, leur fournissant chaleur, protection et nourriture, que comme une affreuse marâtre apportant maladie et désolation. Elle est la vieille demandant un baiser au chevalier, et se transformant en sublime jeune fille s’il accepte, représentant ainsi une allégorie de la souveraineté. Elle a au moins sept jeunesses, et lorsque ses maris successifs atteignent la vieillesse, elle reste dans la force de l’âge, adoptant plus de 50 enfants. Ses enfants et petits enfants sont des peuples et des tribus. Sous le nom de Buí, elle est l’une des 4 femmes de Lug Lámfhota.

Vous la croiserez souvent si vous y prêtez attention puisque Samhain vient de passer… Elle étend au dessus de nous son grand manteau bleu gris, et fait tomber le givre, la neige, le gel, figeant la terre dans le sommeil pour le repos de l’hiver. Honorez là de vos prières et méditations, regardez dans ses yeux, si vous l’osez… et voyez son visage au détour d’un chemin, d’une bourrasque, d’un rocher.

Imbolc

Imbolc

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